Le Double Le test du double

Le livre, média de marque employeur

Livre d'entreprise, guide d'accueil, carnet métier : pourquoi les formats longs racontent mieux une entreprise, et comment en faire un outil de recrutement.

Marque employeur · Publié le · 3 min de lecture

Double portrait d'un peintre et de sa femme vus dans un miroir ovale, Vilhelm Hammershøi, 1911

Le livre, et plus largement le format long, sert la marque employeur parce qu'il montre ce qu'une publication courte ne peut pas montrer : comment on apprend un métier, comment se prend une décision, pourquoi on reste. Les réseaux sociaux ont habitué les entreprises au format court : une photo d'équipe, une citation, une vidéo de trente secondes. Ces formats ont une qualité, la portée, et un défaut, l'épaisseur. En trente secondes, on montre une ambiance. On n'explique pas comment se prend une décision, comment on apprend un métier ou pourquoi on reste dix ans.

C'est là que le format long reprend de l'intérêt. Pas forcément un livre relié vendu en librairie : tout support qui demande vingt minutes de lecture et les récompense.

Ce que le format long permet

  • Raconter un métier en entier. Un carnet consacré au métier de conducteur de travaux ou d'actuaire peut décrire une semaine type, les erreurs de débutant, la progression sur cinq ans. Aucune publication courte n'y arrive.
  • Montrer les tensions. Un texte long peut dire « ce poste est difficile pour telle raison, et voici comment l'équipe s'en sort ». Cette honnêteté est ce qui rend le reste crédible.
  • Durer. Une publication vit deux jours. Un guide bien fait sert pendant des années, dans les entretiens, à l'intégration, dans les salons.
  • Trier les candidats. Celui qui lit vingt pages sur votre façon de travailler et postule quand même sait à quoi il s'engage.

Quel format long choisir ?

Cinq formes reviennent, du plus coûteux au plus léger :

  • Le livre d'entreprise, écrit avec ou par les salariés, autour d'un anniversaire ou d'une transformation.
  • Le guide d'accueil, envoyé avant le premier jour, qui dit vraiment comment les choses fonctionnent et prépare l'arrivée du nouveau collaborateur.
  • Le carnet métier, un par grand profil recherché, écrit avec ceux qui l'exercent.
  • La lettre longue, mensuelle ou trimestrielle, envoyée aux candidats et aux anciens.
  • La série audio, l'équivalent oral, pour les métiers difficiles à montrer en images.

Comment s'y prendre

Commencer par la question qu'on vous pose le plus en entretien. C'est le sujet du premier carnet. Si tous les candidats demandent comment fonctionne le télétravail ou à quoi ressemble la première année, la demande existe déjà.

Faire écrire ceux qui font le travail. La communication peut éditer, mettre en forme, relire. Mais la matière doit venir des équipes, avec leurs mots. Un texte trop poli se reconnaît à la première page.

Accepter les aspérités. Si le métier impose des astreintes, si la croissance a désorganisé une équipe, le dire. Le lecteur cherche justement ce que la page carrières ne dit pas.

Le placer dans le parcours. Le meilleur moment pour l'envoyer est entre le premier contact et l'entretien. Le candidat arrive mieux préparé, et l'entretien porte sur l'essentiel.

Mesurer simplement. Combien de candidats l'ont lu (un lien suffit à le savoir), et est-ce que ceux qui l'ont lu acceptent plus souvent l'offre, et restent plus longtemps ? Ce sont des indicateurs de qualité, pas de volume.

Nouvelle frontière ou vieille idée ?

Les entreprises publient des livres sur elles-mêmes depuis plus d'un siècle, souvent pour célébrer leurs fondateurs. La différence aujourd'hui est la cible : on n'écrit plus pour la postérité ou les actionnaires, mais pour la personne qui hésite à signer. C'est un public exigeant, qui compare et qui détecte vite la complaisance. Un texte écrit pour lui doit être plus honnête que la plupart des documents d'entreprise.

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