Le sketchnote est une prise de notes visuelle qui mêle mots, schémas et petits dessins pour ne garder que l'essentiel d'une intervention. Là où la prise de notes classique transcrit ligne après ligne, le sketchnote demande d'écouter, de trier, puis de noter. Le terme s'est diffusé au début des années 2010, notamment avec *The Sketchnote Handbook* du designer américain Mike Rohde, paru en 2012.
À quoi ressemble une page de sketchnote ?
Une page de sketchnote contient :
- un titre bien visible et le contexte (conférence, intervenant, date) ;
- des idées-clés écrites en gros, souvent dans des cadres ;
- des flèches et des liens entre les idées ;
- quelques pictogrammes simples : ampoule, personnage, cible, horloge ;
- parfois une citation courte.
Il ne s'agit pas d'un dessin artistique. Les formes sont élémentaires et la lisibilité compte plus que la beauté.
Le sketchnote est-il plus efficace que les notes classiques ?
Pour retenir et partager les idées d'une intervention, souvent oui ; pour un compte rendu exhaustif, non.
On écoute mieux. Comme on ne peut pas tout dessiner, il faut décider de ce qui compte. Ce tri oblige à comprendre en même temps qu'on note.
On retient mieux. Une page organisée visuellement se relit en un coup d'œil, des semaines plus tard.
On partage plus facilement. Une photo de sketchnote publiée après une conférence donne une idée claire de ce qui s'est dit, en une image.
Une affaire de visibilité professionnelle
Publier ses notes dessinées d'un événement montre ce qu'on a retenu et comment on pense. C'est une manière simple de contribuer à une communauté professionnelle sans écrire d'article, dans l'esprit de publier sur son métier. Quelques précautions :
- citer l'intervenant et l'événement ;
- ne pas reproduire des contenus confidentiels ;
- vérifier que les propos rapportés sont fidèles.
En entreprise, la même technique sert à animer des échanges : c'est la facilitation graphique.
Comment commencer le sketchnote ?
- Un carnet sans lignes et un feutre noir suffisent.
- Apprendre une dizaine de pictogrammes simples, toujours les mêmes.
- Réserver le haut de la page au titre et au contexte.
- Laisser des espaces vides : on y ajoutera des liens plus tard.
- S'entraîner sur une vidéo de conférence avant de le faire en direct.
Une conférence, une page
Pendant une intervention de quarante minutes, la page se remplit au fil de l'écoute, sans chercher à tout couvrir. Les dix minutes qui suivent servent à relier les idées, à ajouter une flèche ou un mot oublié et à corriger un nom mal noté. La photo, prise à la lumière du jour, peut être publiée le soir même avec le mot-dièse de l'événement et une ligne de contexte.
Les limites
Pour un compte rendu exhaustif, une réunion juridique ou des chiffres précis, les notes écrites restent plus sûres. Les deux méthodes peuvent cohabiter : le dessin pour la structure et les idées, quelques lignes de texte pour les détails à ne pas perdre.



