Le Double Le test du double

Musées en ligne et marque employeur

Du Google Art Project à Google Arts & Culture : ce que l'ouverture numérique des musées apprend aux entreprises qui veulent montrer leur culture.

Marque employeur · Publié le · 3 min de lecture

Double portrait d'un peintre et de sa femme vus dans un miroir ovale, Vilhelm Hammershøi, 1911

Le Google Art Project, lancé en 2011 et devenu Google Arts & Culture, met en ligne des collections de musées du monde entier : œuvres photographiées en très haute définition, visites virtuelles, expositions thématiques. Pour une entreprise, l'exemple est intéressant à un autre titre : il montre comment ouvrir un lieu fermé au public sans le dénaturer.

Que montre un musée en ligne ?

Un musée numérisé ne remplace pas la visite. Il donne autre chose :

  • le détail que l'œil ne voit pas sur place, grâce au zoom ;
  • le contexte : notices, liens entre œuvres, parcours thématiques ;
  • l'accès pour ceux qui ne viendront jamais ;
  • une envie de venir, plutôt qu'un substitut.

Quel lien avec la marque employeur ?

Une entreprise est, elle aussi, un lieu fermé. Les candidats voient la façade et la page carrières, rarement l'intérieur. Les leçons du musée en ligne s'appliquent assez directement.

  • Montrer de près plutôt que tout montrer. Un atelier, un plan de travail, une réunion d'équipe vus en détail parlent davantage qu'une vue d'ensemble retouchée.
  • Donner le contexte. Une photo de bureau ne dit rien sans la légende : qui travaille là, sur quoi, avec quelles contraintes.
  • Organiser des parcours. Un parcours « premier jour », un parcours « métier de technicien » : le candidat suit un fil au lieu de chercher.
  • Assumer les formats longs. Les meilleures expositions en ligne se lisent ; les meilleures présentations d'entreprise aussi (le livre comme média).

Comment ouvrir son entreprise sans la dénaturer ?

Les musées numérisés appliquent des règles strictes sur les droits et la reproduction. Pour une entreprise, l'équivalent tient en quelques points :

  1. demander l'accord des salariés filmés ou photographiés, et leur laisser la possibilité de refuser ;
  2. ne rien montrer de confidentiel (écrans, documents, clients) ;
  3. ne pas mettre en scène une réalité qui n'existe pas ;
  4. dater les contenus et les mettre à jour.

Ces règles gagnent à être écrites (charte éthique des présences employeur).

Quels formats choisir ?

  • la visite commentée d'un site, filmée par un salarié plutôt que par une agence ;
  • la galerie de postes de travail réels, avec une légende écrite par leur occupant ;
  • le parcours d'un nouvel arrivant, du premier jour au troisième mois ;
  • la présentation d'un objet ou d'un outil emblématique du métier, vu de près.

Ce qui fait la valeur d'une visite virtuelle

Un musée en ligne garde la patine, les craquelures, les cadres abîmés : c'est ce qui le rend crédible. Une entreprise qui montre ses locaux tels qu'ils sont, avec leurs limites, gagne la même chose. Le candidat qui arrive ensuite sur place reconnaît ce qu'il a vu.

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