Le Double Le test du double

Regarder le recrutement ailleurs

Salaires affichés, CV sans photo, cooptation : comparer les pratiques de recrutement d'autres pays aide à juger les siennes. Méthode et limites.

Recrutement · Publié le · 2 min de lecture

File d'attente devant un bureau de placement, rue du Quatre-Septembre à Paris, photographie de presse, 1919

Comparer les pratiques de recrutement d'autres pays, c'est regarder comment des entreprises soumises à d'autres lois et à d'autres habitudes attirent et sélectionnent leurs candidats, pour repérer ce qui pourrait fonctionner chez soi.

Pourquoi regarder ailleurs ?

Beaucoup de pratiques de recrutement semblent naturelles parce qu'on les a toujours vues : la lettre de motivation, la photo sur le CV, les trois tours d'entretien. D'autres pays font autrement, et cela fonctionne. Les écarts révèlent ce qui relève de la tradition plutôt que de la nécessité.

Quelles pratiques comparer ?

  • La transparence des salaires. Plusieurs États américains, dont le Colorado puis New York, imposent d'afficher une fourchette de rémunération dans les offres. En Europe, la directive sur la transparence des rémunérations va dans le même sens ; le sujet est détaillé dans notre article sur la transparence des entreprises.
  • Le CV et la photo. Dans les pays anglo-saxons, le CV sans photo, sans âge ni situation familiale est la norme. En France, ces mentions sont facultatives mais encore fréquentes.
  • La lettre de motivation, de plus en plus souvent remplacée ailleurs par quelques questions ciblées dans le formulaire.
  • La cooptation, très structurée dans certaines entreprises, avec des règles et des primes publiées.
  • Les délais de réponse, que certaines entreprises s'engagent publiquement à tenir.

Comment faire un benchmark utile ?

  1. Partir d'un problème. Trop de candidatures non qualifiées, des délais trop longs, des refus d'offres : la comparaison doit répondre à une question.
  2. Chercher des sources fiables : publications d'organismes publics, études de cabinets qui donnent leur méthode, témoignages de recruteurs qui ont travaillé dans les deux pays.
  3. Vérifier le cadre légal. Une pratique courante ailleurs peut être interdite ou risquée en France, notamment sur les données personnelles et la non-discrimination.
  4. Tester à petite échelle, sur un poste ou une équipe, avant de généraliser.

Les limites de la comparaison

Un marché du travail n'est pas l'autre. Le droit du licenciement, la protection sociale, le rôle des diplômes et le poids des grandes écoles changent la façon de recruter. Ce qui marche dans une économie où l'on change souvent d'employeur ne marche pas forcément là où les carrières sont plus longues.

La comparaison reste utile pour sortir des idées reçues. Elle a nourri, par exemple, le débat sur ce qu'a vraiment changé le recrutement 2.0, et sur l'intérêt de publier des données de salaires fiables.

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