Le Double Le test du double

Transparence forcée ?

Avis de salariés, publications d'équipes, obligations légales : les réseaux sociaux ont-ils rendu les entreprises transparentes, ou seulement plus exposées ?

Réseaux sociaux · Publié le · 3 min de lecture

Affiche de la Commune de Paris annonçant l'ouverture d'un bureau de placement pour les ouvriers boulangers, 9 mai 1871

Les réseaux sociaux ont rendu les entreprises plus exposées, pas forcément plus transparentes : ce qui se dit d'elles circule, mais ce sont souvent d'autres qui le publient. Quand Twitter s'est popularisé à la fin des années 2000, une idée s'est répandue : les entreprises n'auraient plus le choix, chaque salarié devenant un média potentiel et chaque incident pouvant être raconté en direct. Quinze ans plus tard, c'est moins net.

Les réseaux sociaux rendent-ils les entreprises transparentes ?

Ils les rendent visibles de l'extérieur. Les sites d'avis de salariés, les publications d'anciens collaborateurs et les captures d'écran de messages internes circulent. Un candidat sérieux peut se faire une idée assez précise de l'ambiance d'une entreprise avant même son premier entretien.

Être exposé n'est pas être transparent pour autant. La transparence est un choix : publier volontairement des informations utiles, y compris celles qui ne flattent pas. L'exposition est subie : d'autres publient, sans contexte et souvent dans un moment de colère.

Ce qui a vraiment changé

  • L'écart se voit plus vite. Une page carrières idyllique contredite par des dizaines d'avis négatifs perd toute crédibilité.
  • Les salariés sont des sources. Ce qu'un ingénieur écrit sur son projet, ou ce qu'une ancienne recrue raconte de son départ, pèse plus qu'un communiqué.
  • Certaines informations sont devenues obligatoires. En France, l'index de l'égalité professionnelle doit être publié chaque année par toute entreprise d'au moins 50 salariés. La directive européenne (UE) 2023/970 sur la transparence des rémunérations va dans le même sens pour les salaires ; où trouver des données fiables sur les rémunérations devient d'ailleurs une question pratique pour les candidats.

Choisir la transparence avant d'y être contraint

Une marque employeur sera vue de toute façon ; reste à savoir si elle préfère raconter les choses elle-même. Quelques pratiques qui vont dans ce sens :

  • publier une fourchette de salaire dans les offres d'emploi ;
  • décrire honnêtement les contraintes du poste : horaires, déplacements, période chargée ;
  • répondre aux avis négatifs sur le fond, sans formule toute faite ;
  • laisser les équipes parler de leur travail, y compris de ce qui ne marche pas encore, dans un cadre fixé par une charte des présences employeur.

La limite

La transparence ne veut pas dire tout publier. Les informations personnelles des salariés, les données des clients et les sujets juridiques en cours restent hors champ, à juste titre. La bonne transparence est sélective, mais honnête dans ses choix : ce qui est dit est vrai, et ce qui est tu ne contredit pas ce qui est dit.

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