Une communauté de pratique est un groupe de personnes qui partagent un même métier ou un même problème et qui échangent régulièrement pour apprendre les unes des autres. Le concept a été formalisé au début des années 1990 par les chercheurs Jean Lave et Etienne Wenger, à partir de l'observation de la façon dont les apprentis apprennent un métier au contact des praticiens.
À quoi sert une communauté de pratique en entreprise ?
Dans une organisation, elle répond à des besoins que l'organigramme couvre mal :
- Partager les savoir-faire entre personnes qui font le même travail dans des équipes, des sites ou des pays différents.
- Résoudre des problèmes plus vite, en demandant à ceux qui les ont déjà rencontrés.
- Accueillir les nouveaux dans un métier, au-delà de leur équipe directe.
- Conserver l'expertise quand des personnes expérimentées partent.
Les communautés de développeurs, d'acheteurs, de juristes ou de chefs de projet sont parmi les plus répandues. Elles peuvent exister sur un réseau social d'entreprise, dans une messagerie, ou simplement autour de rencontres régulières.
Comment lancer une communauté de pratique ?
Les communautés qui durent partagent quelques traits :
- Un domaine précis. « Les achats » est trop large ; « les achats informatiques dans les filiales européennes » donne un cadre où chacun se reconnaît.
- Un noyau de volontaires. Cinq ou six personnes motivées valent mieux que cent membres inscrits d'office.
- Un rythme. Une rencontre mensuelle, un sujet par session, un compte rendu court. La régularité compte plus que la forme.
- Une animation identifiée. Quelqu'un qui relance, invite, résume. Ce rôle prend du temps et doit être reconnu par la hiérarchie.
- Des productions utiles : fiches pratiques, retours d'expérience, modèles de documents, que les membres réutilisent.
Les techniques d'animation visuelle, comme la facilitation graphique, aident à rendre les échanges plus vivants et leurs résultats plus faciles à partager.
Pourquoi tant de communautés s'éteignent-elles ?
Le cycle est connu : un lancement enthousiaste, puis une baisse de participation après quelques mois. Les causes les plus fréquentes sont :
- un animateur qui n'a pas le temps et dont personne ne prend le relais ;
- une communauté imposée par la direction, sans besoin réel des membres ;
- des échanges qui tournent à la communication descendante ;
- l'absence de reconnaissance pour ceux qui contribuent.
La maturité d'une communauté se mesure moins au nombre de membres qu'à la part de ceux qui contribuent et à l'utilité de ce qui est produit. La question est développée dans notre article sur le community management interne.
Et les outils ?
L'outil vient après le besoin. Un espace collaboratif bien choisi facilite le partage de documents et les questions-réponses entre deux rencontres, et il peut être relié au système d'information RH pour retrouver les experts, comme nous l'expliquons à propos des technologies sociales et du SIRH. Mais aucun outil ne crée à lui seul l'envie d'échanger.


