Le Double Le test du double

Le SIRH devient collaboratif

Réseau social d'entreprise, profils de compétences, feedback continu : ce que les technologies collaboratives ont changé dans le SIRH.

Réseaux sociaux · Publié le · 3 min de lecture

Planche non découpée de cartes de visite, un homme photographié dans plusieurs poses, studio Disdéri, 1858

Un SIRH (système d'information des ressources humaines) regroupe les outils qui gèrent les données des salariés : paie, temps de travail, formation, recrutement, entretiens annuels. Les technologies sociales et collaboratives y ont ajouté une dimension nouvelle : les salariés ne sont plus seulement des dossiers que les RH mettent à jour, ils deviennent des utilisateurs qui contribuent eux-mêmes.

Qu'est-ce que les technologies sociales ont changé ?

Pendant longtemps, le SIRH était un outil d'administration, utilisé surtout par le service du personnel. Plusieurs évolutions l'ont rapproché des usages des réseaux sociaux :

  • Les profils de salariés enrichis. Compétences, projets, langues, centres d'intérêt professionnels : chacun complète son profil, ce qui permet de trouver un expert en interne.
  • Le libre-service. Demandes de congés, documents, formations : les salariés gèrent une partie de leurs démarches sans passer par un intermédiaire.
  • Le feedback continu. À côté de l'entretien annuel, certains outils permettent de donner et demander des retours en cours d'année.
  • Les espaces d'échange. Communautés métier, questions-réponses, partage de documents, intégrés ou reliés au SIRH.

Quels bénéfices pour les RH et les salariés ?

Les apports attendus sont concrets quand l'outil est bien utilisé :

  1. La mobilité interne. Un profil de compétences à jour permet de proposer un poste à un salarié avant de chercher à l'extérieur.
  2. L'intégration. Un nouvel arrivant identifie plus vite les personnes à contacter.
  3. La transmission. Les connaissances circulent au-delà des organigrammes, ce qui limite la perte d'expertise lors des départs.
  4. La charge administrative. Le libre-service libère du temps aux équipes RH.

Où sont les limites ?

L'adoption est la principale difficulté. Un profil que personne ne complète ne sert à rien, et un espace d'échange vide décourage les premiers volontaires. Les projets qui réussissent prévoient de l'animation, des relais dans les équipes et un usage concret dès le départ, à l'image des démarches décrites dans notre article sur l'acculturation des équipes aux médias sociaux.

La seconde limite est juridique. Les données des salariés restent des données personnelles : le RGPD impose d'en limiter la collecte à ce qui est nécessaire, d'informer les personnes et de fixer des durées de conservation. Les représentants du personnel doivent être informés et consultés avant la mise en place d'outils permettant de contrôler l'activité des salariés. Un SIRH collaboratif qui ressemble à un outil de surveillance perd vite la confiance des équipes.

Par où commencer ?

Mieux vaut partir d'un usage précis que d'une plateforme complète : un annuaire de compétences pour faciliter la mobilité, ou un espace d'intégration pour les nouveaux arrivants. Les méthodes d'animation visuelle, comme la facilitation graphique, aident à présenter l'outil et à recueillir les attentes. Les données produites, enfin, demandent la même prudence que dans le recrutement : nous en parlons dans notre article sur l'IA et les données RH.

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