Le Double Le test du double

Identité numérique : idées reçues

« Ne rien publier suffit », « supprimer efface tout » : six idées reçues sur l'identité numérique, et ce qu'il en est vraiment.

Identité numérique · Publié le · 3 min de lecture

Affiche de la Commune de Paris annonçant l'ouverture d'un bureau de placement pour les ouvriers boulangers, 9 mai 1871

L'identité numérique est l'ensemble des informations qui permettent d'identifier une personne en ligne, qu'elle les ait publiées ou non. Le sujet est ancien, débattu depuis la fin des années 2000 dans les conférences et les rencontres professionnelles, et il traîne encore plusieurs idées reçues. En voici six, avec ce qu'il en est.

Idée reçue n° 1 : « Si je ne publie rien, je n'ai pas d'identité numérique »

Faux. Vos traces viennent aussi des autres : photos, listes de participants, annuaires, comptes rendus. Et l'absence laisse la place aux homonymes. C'est ce que décrit notre article sur l'identité sabotée par l'absence.

Idée reçue n° 2 : « Ce que je supprime disparaît »

Pas forcément. Une publication supprimée peut survivre dans une capture d'écran, une archive ou un résultat de recherche mis en cache. Supprimer reste utile, mais ne garantit rien. Les recours existent et sont détaillés dans l'article sur la persistance du web.

Idée reçue n° 3 : « C'est un sujet pour les adolescents »

Les jeunes sont plus exposés par leurs usages, mais les adultes ont plus à perdre professionnellement. Un ancien profil, une prise de position oubliée ou une homonymie gênante pèsent davantage à 45 ans, au moment d'un changement de poste ou d'une levée de fonds.

Idée reçue n° 4 : « Les réglages de confidentialité suffisent »

Ils sont nécessaires mais partiels. Un contenu « réservé aux amis » peut être capturé et partagé. Les réglages changent avec les mises à jour des plateformes. Et ils ne protègent pas des fuites de données ni des informations publiées par des tiers. Mieux vaut considérer que tout ce qui est écrit peut un jour être lu hors de son contexte.

Idée reçue n° 5 : « Une identité numérique se construit à coups de publications »

La quantité compte moins que la cohérence et la preuve. Quelques traces exactes, à jour et vérifiables valent mieux qu'un flux de publications sans fond. Notre article sur la visibilité professionnelle revient sur ces bases.

Idée reçue n° 6 : « On ne peut rien contre les informations publiées par d'autres »

On peut souvent faire quelque chose. Le RGPD donne un droit d'accès, de rectification, d'opposition et d'effacement sur ses données personnelles (présentation par la CNIL). Les moteurs de recherche peuvent être sollicités pour déréférencer certains résultats. Et beaucoup de sites corrigent une information inexacte quand on le leur demande poliment.

Que retenir pour en parler autour de soi ?

Ces idées reçues ont un point commun : elles présentent l'identité numérique comme un danger ou comme une vitrine. C'est surtout un ensemble de traces, que l'on peut connaître, corriger et compléter. Pour transmettre ce message à une équipe, une classe ou un groupe en recherche d'emploi, notre article sur la manière de parler d'identité numérique propose une approche concrète.

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