On peut saboter son identité en ligne sans rien faire : il suffit de laisser les autres, les homonymes et ses propres comptes oubliés parler à sa place. L'absence n'est pas neutre. Quand quelqu'un cherche votre nom et ne trouve rien de vous, il trouve autre chose, et c'est cela qu'il retient.
Ne rien publier protège-t-il son identité ?
C'est une idée répandue : moins on publie, moins on s'expose. Elle est vraie pour la vie privée, à condition de régler aussi ce que les autres publient. Elle est fausse pour la vie professionnelle. Un recruteur, un client ou un partenaire qui tape votre nom tombe alors sur :
- un homonyme, parfois mieux référencé, dont le parcours ou les propos vous seront attribués ;
- un profil créé il y a dix ans et jamais mis à jour, avec un ancien poste et une vieille photo ;
- une mention indirecte : une liste de participants, un compte rendu d'association, une photo de groupe ;
- rien du tout, ce qui, pour certains métiers, suscite plus de questions qu'une présence modeste.
Les quatre formes de sabotage passif
L'homonymie non traitée. Si vous partagez votre nom avec une personne plus visible, ajoutez un élément distinctif : un second prénom, une initiale, votre métier dans le titre de profil. L'objectif est d'être identifiable.
Les comptes fantômes. Un ancien profil sur un réseau abandonné, un CV déposé sur un site d'emploi en 2015, une page de conférencier jamais actualisée. Chacun raconte une version de vous qui n'existe plus.
Les traces des autres. Photos identifiées, commentaires, mentions dans des documents publics. On ne les contrôle pas toutes, mais on peut demander leur retrait ou leur correction quand elles sont inexactes.
L'incohérence. Trois intitulés de poste différents, deux villes, des dates qui ne se recoupent pas. Pris séparément, rien n'est faux. Ensemble, le portrait devient flou.
Comment reprendre la main en une soirée ?
- Cherchez votre nom en navigation privée, avec et sans votre ville ou votre métier.
- Listez les comptes que vous avez ouverts un jour : supprimez ceux qui ne servent plus, mettez à jour les autres.
- Choisissez un profil de référence, complet et à jour, vers lequel tous les autres renvoient.
- Ajoutez un élément distinctif si un homonyme occupe les premiers résultats.
La méthode complète de surveillance et de correction est détaillée dans notre article sur l'e-réputation.
Exister sans s'exposer
Il ne s'agit pas de tout publier. Une identité professionnelle claire tient en peu de choses : un profil exact, quelques traces de votre travail, des coordonnées professionnelles. Le reste peut rester privé. Ce qui compte, c'est que la première image que l'on trouve de vous soit celle que vous avez choisie, plutôt qu'un double laissé à l'abandon, idée développée dans l'article sur les projections numériques de l'identité.


