Le Double Le test du double

Les réseaux qui font recruter

Anciens collègues, associations d'anciens, communautés de métier, fédérations : les réseaux qui font recruter, et comment les activer sans les épuiser.

Recherche d'emploi · Publié le · 3 min de lecture

Affiche de la Commune de Paris annonçant l'ouverture d'un bureau de placement pour les ouvriers boulangers, 9 mai 1871

Se faire recruter par son réseau, c'est passer par les personnes qui vous connaissent assez pour vous recommander, et par les lieux où elles se retrouvent : anciens collègues, associations d'anciens, communautés de métier, fédérations. LinkedIn est un outil pour les retrouver, pas le réseau lui-même.

Les anciens collègues

C'est un réseau précieux parce qu'il repose sur une expérience directe : ils vous ont vu travailler. Un ancien manager qui a changé d'entreprise, une collègue partie chez un client, un prestataire avec qui le projet s'est bien passé. Ce sont eux qui transmettent une candidature avec une phrase qui compte : « j'ai travaillé avec cette personne ». Les liens les plus proches ne sont pourtant pas toujours les plus utiles : une vaste expérience menée sur LinkedIn et publiée dans Science en 2022 (Rajkumar et ses collègues) a montré que les liens modérément faibles, des personnes que l'on connaît sans être proches, aidaient davantage à changer d'emploi que les liens très forts.

Pour les activer, un message simple suffit : ce que vous cherchez, en deux lignes, et une question précise. Pas un CV en pièce jointe envoyé à tout le monde.

Quels réseaux aident à trouver un emploi ?

Outre les anciens collègues, quatre familles de réseaux font circuler les postes avant qu'ils soient publiés : les associations d'anciens, les communautés de métier, les fédérations et chambres, et les réseaux sociaux qui servent à entretenir les liens.

Les associations d'anciens. Écoles, universités, grands programmes de formation : leurs associations d'anciens tiennent souvent des annuaires, des offres réservées et des groupes par métier ou par ville. L'appartenance commune ouvre des portes que le message à froid n'ouvre pas. Un ancien de la même école répond plus volontiers à une demande de conseil qu'un inconnu.

Les communautés de métier. Chaque métier a ses lieux : associations professionnelles, clubs de dirigeants RH, rencontres de développeurs, groupes de juristes, de designers, de contrôleurs de gestion. On y croise des pairs plutôt que des recruteurs, et c'est justement leur intérêt : les postes y circulent avant d'être publiés, et la recommandation d'un pair a du poids.

Les fédérations et chambres. Fédérations professionnelles, chambres de commerce, clubs d'entreprises locaux : moins visibles, ils connaissent bien le tissu des PME de leur territoire. Pour une recherche dans une région précise, ce sont des interlocuteurs utiles, souvent sous-estimés.

Activer sans épuiser

Un réseau s'use quand on ne le sollicite que pour soi. Quelques règles simples :

  • demander des conseils et des contacts, pas un emploi ;
  • remercier, puis donner des nouvelles, surtout quand le conseil a servi ;
  • rendre la pareille : transmettre une offre, présenter deux personnes qui gagneraient à se connaître ;
  • garder une trace de qui vous avez sollicité, et quand.

Et les réseaux sociaux ?

Ils servent à entretenir ces liens et à les retrouver, rarement à les créer (réseaux sociaux et recherche d'emploi). Un ancien collègue retrouvé sur LinkedIn reste un ancien collègue. Un inconnu ajouté en contact reste un inconnu tant qu'aucun échange réel n'a eu lieu. Les plateformes facilitent le chemin, mais c'est la relation qui fait recruter.

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