Le Double Le test du double

Réussir sa vie ou dans la vie ?

Salaire, titre, utilité, temps libre : comment définir ce que réussir veut dire pour soi, et ce que ce choix change dans sa recherche d'emploi.

Recherche d'emploi · Publié le · 3 min de lecture

Double portrait d'un peintre et de sa femme vus dans un miroir ovale, Vilhelm Hammershøi, 1911

Réussir dans la vie, c'est atteindre les signes extérieurs de réussite professionnelle : poste, salaire, titre, reconnaissance ; réussir sa vie, c'est trouver un équilibre qui correspond à ce que l'on valorise vraiment. Les deux ne s'opposent pas, mais ils ne se recouvrent pas non plus, et la différence pèse sur chaque choix de carrière.

Pourquoi la question revient-elle si souvent ?

Elle surgit à certains moments précis : une promotion qui ne rend pas plus heureux, un licenciement, une naissance, un problème de santé, un burn-out autour de soi. Ces moments obligent à regarder ce qu'on poursuit et pourquoi. Beaucoup de reconversions commencent ainsi, par un décalage entre ce que le parcours promettait et ce qu'il apporte.

Comment définir sa propre réussite ?

Un exercice simple consiste à répartir dix points entre quelques critères, selon l'importance qu'on leur donne aujourd'hui :

  • le revenu et la sécurité financière ;
  • l'intérêt du travail lui-même ;
  • l'utilité perçue pour les autres ;
  • la reconnaissance et le statut ;
  • le temps libre et la souplesse des horaires ;
  • l'apprentissage et la progression ;
  • la qualité des relations au travail.

Il n'y a pas de bonne répartition. L'intérêt de l'exercice est de rendre les arbitrages visibles. Une personne qui met six points sur le temps libre et un sur le statut ne devrait pas chercher le même poste que l'inverse.

Qu'est-ce que cela change dans une recherche d'emploi ?

Une fois ses priorités posées, la recherche change de nature :

  1. On choisit des employeurs plutôt que des intitulés, en regardant la culture et le rythme réels, comme le propose notre article sur la recherche d'employeurs.
  2. On pose d'autres questions en entretien : sur les horaires effectifs, les attentes de disponibilité, la façon dont l'équipe mesure le travail.
  3. On accepte certains renoncements en connaissance de cause, plutôt que de les découvrir après coup.

L'analyse d'une offre gagne à se faire à plusieurs niveaux, du secteur jusqu'au poste ; la méthode est détaillée dans notre article sur la vue panoramique.

Les priorités changent, et c'est normal

Ce qui compte à vingt-cinq ans n'est pas forcément ce qui compte à quarante-cinq. Un parcours qui alterne périodes d'intensité et périodes plus calmes n'est pas un échec ; c'est souvent le signe qu'on ajuste ses choix à sa vie. Les carrières faites d'étapes et de réorientations sont devenues courantes, comme nous l'expliquons dans notre article sur les carrières par itérations.

Une question à garder ouverte

Refaire l'exercice des dix points une fois par an, ou à chaque décision importante, permet de vérifier que le parcours suit encore ce qu'on attend de lui.

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