Le Double Le test du double

Le matching de compétences

Comment les plateformes rapprochent compétences, intérêts et besoins des entreprises : principe du matching, apports pour chacun et limites.

Recrutement · Publié le · 3 min de lecture

Tableau synoptique des traits physionomiques pour l'étude du portrait parlé, Alphonse Bertillon, vers 1909

Le matching de compétences consiste à rapprocher automatiquement des personnes et des opportunités (un poste, une mission, un projet, un pair) à partir de ce qu'elles savent faire et de ce qui les intéresse, plutôt qu'à partir d'un intitulé de poste ou d'un diplôme. L'idée est ancienne ; ce qui a changé, ce sont les volumes de données et les outils qui permettent de l'appliquer.

Comment fonctionne une plateforme de matching ?

Le principe repose sur trois éléments :

  • Une description des compétences, renseignée par la personne, déduite de son parcours ou validée par des tiers.
  • Une description des besoins : les compétences attendues pour un poste, une mission ou un projet.
  • Une règle de rapprochement, qui calcule une proximité entre les deux et propose des correspondances.

Les approches vont du simple filtre par mots-clés jusqu'aux modèles qui interprètent le sens des descriptions. Les grandes plateformes d'emploi et de nombreux logiciels de recrutement intègrent désormais ce type de fonction.

Qu'est-ce que le matching apporte ?

Pour les candidats, il peut faire apparaître des opportunités auxquelles ils n'auraient pas pensé, parce que l'intitulé ne leur parlait pas. Pour les entreprises, il élargit le vivier au-delà des parcours classiques. En interne, il sert à la mobilité : retrouver dans ses propres équipes la personne qui a la compétence recherchée, comme le permettent les SIRH collaboratifs.

Il sert aussi à mettre en relation des pairs, par exemple pour du mentorat ou des échanges entre experts d'une même communauté.

Quelles sont les limites du matching ?

Elles sont réelles et méritent d'être connues :

  1. La qualité des descriptions. Un profil mal renseigné ou une offre vague produisent de mauvaises correspondances.
  2. Les compétences difficiles à décrire. La capacité à apprendre, le jugement ou la qualité relationnelle échappent largement aux mots-clés.
  3. Les biais. Un système entraîné sur des recrutements passés peut reproduire leurs préférences, y compris discriminatoires.
  4. La transparence. Le candidat comprend rarement pourquoi une offre lui est proposée, ou pourquoi elle ne l'est pas.

Le cadre juridique s'est d'ailleurs durci : les systèmes d'intelligence artificielle utilisés pour recruter sont soumis à des obligations particulières en Europe, détaillées dans notre article sur l'IA et les données dans le recrutement.

Comment en tirer parti côté candidat ?

Les outils lisent ce que vous écrivez. Quelques précautions améliorent les correspondances :

  • décrire ses compétences avec les mots du métier, plutôt qu'avec des formules générales ;
  • tenir son profil à jour sur les plateformes utilisées ;
  • détailler les réalisations, pas seulement les postes occupés.

Ce sont aussi les éléments qu'un recruteur humain cherche en premier, comme le montrent les études sur la lecture des CV.

À lire ensuite