Le Double Le test du double

Le social learning au travail

Le social learning désigne ce qu'on apprend des autres au travail : échanges, communautés, partage d'expérience. Comment le favoriser sans en faire un gadget.

Réseaux sociaux · Publié le · 3 min de lecture

Planche non découpée de cartes de visite, un homme photographié dans plusieurs poses, studio Disdéri, 1858

Le social learning, ou apprentissage social, désigne tout ce que l'on apprend au contact des autres : en les observant, en leur posant des questions, en échangeant dans une communauté de métier. Au travail, c'est souvent la principale source d'apprentissage, bien avant les formations formelles.

L'idée s'appuie sur des travaux anciens en psychologie, notamment ceux d'Albert Bandura sur l'apprentissage par observation. Les outils numériques lui ont donné une nouvelle visibilité : forums internes, réseaux sociaux d'entreprise, communautés en ligne.

Qu'apprend-on vraiment des autres ?

  • Le « comment » : les gestes, les raccourcis, les astuces qu'aucun manuel ne décrit.
  • Le « qui » : à qui demander quoi, qui sait résoudre tel problème.
  • Les règles implicites : ce qui se fait et ne se fait pas, la culture réelle d'une équipe.
  • Les erreurs des autres, qu'on n'a pas besoin de refaire.

Une formation peut transmettre des connaissances. Le reste s'apprend surtout en situation, avec des collègues.

Comment favoriser le social learning en entreprise ?

  1. Rendre les experts trouvables. Un annuaire des compétences, même simple, permet de savoir qui interroger.
  2. Créer des espaces de questions. Un canal ou un forum où l'on peut poser une question sans passer pour un débutant. La règle : toute question reçoit une réponse.
  3. Valoriser le partage. Si aider un collègue n'est jamais reconnu, personne ne prend le temps de le faire.
  4. Organiser des formats courts : retours d'expérience de quinze minutes, binômes entre anciens et nouveaux, comptes rendus partagés.
  5. Commencer petit. Une communauté qui fonctionne sur un sujet précis vaut mieux qu'une plateforme générale vide. Un projet bac à sable permet de vérifier l'usage avant d'investir.

Pourquoi tant d'initiatives échouent-elles ?

  • L'outil avant l'usage. On installe une plateforme, puis on attend que les gens viennent. Ils ne viennent pas.
  • L'absence d'animation. Une communauté a besoin de quelqu'un qui relance, résume et répond. La facilitation graphique est une des façons d'animer.
  • La peur de mal faire. Si les messages publics sont lus par la hiérarchie comme des aveux d'ignorance, personne n'écrit. D'où l'importance de parler des médias sociaux et de leurs règles avant de lancer l'outil.

Social learning et carrière

Pour un salarié, participer à ces échanges a un effet de bord utile : on devient visible pour ce que l'on sait. Répondre régulièrement aux questions d'un domaine finit par faire de vous la personne qu'on consulte sur ce sujet, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'entreprise.

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