Les sites de recherche de personnes rassemblent sur une seule page des informations publiques ou achetées : nom, adresse, téléphone, profils sociaux, photos, parfois l'entourage. Lorsqu'ils traitent des données de personnes situées dans l'Union européenne, ils sont soumis au RGPD, et vous pouvez leur demander de supprimer votre fiche. Plusieurs de ces moteurs ont fermé ou se sont adaptés depuis les années 2010, mais le modèle existe toujours sous d'autres noms.
D'où viennent les données de ces sites ?
Ils agrègent ce qu'ils trouvent : annuaires, profils publics de réseaux sociaux, pages d'entreprises, listes publiques, et parfois des bases achetées à des courtiers en données. Prises une à une, ces informations sont accessibles ; rassemblées, elles forment un dossier qui facilite l'hameçonnage, le démarchage abusif ou le harcèlement.
Comment faire supprimer sa fiche ?
- Cherchez une procédure de suppression sur le site : formulaire, adresse dédiée, rubrique « données personnelles » ou « opt-out ».
- Écrivez en citant vos droits : droit d'opposition (article 21 du RGPD) et droit à l'effacement (article 17). Indiquez l'adresse exacte de la page et demandez aussi la source des données. La CNIL propose des explications sur le droit d'opposition.
- Gardez une trace de votre demande et de sa date. Le responsable dispose d'un mois pour répondre, prolongeable dans certains cas.
- Demandez le déréférencement de la page aux moteurs de recherche en parallèle, pour qu'elle ne remonte plus sur votre nom.
Que faire si le site refuse de supprimer vos données ?
Un refus doit être motivé. Sans réponse dans le délai, ou en cas de refus injustifié, vous pouvez saisir la CNIL par son service de plaintes en ligne. Si le site est établi hors de l'Union, l'action est plus difficile, mais le déréférencement auprès des moteurs reste possible et réduit fortement sa visibilité.
Tarir la source
Supprimer une fiche ne sert qu'un temps si les informations de départ restent publiques. Profitez-en pour :
- restreindre la visibilité de vos profils personnels ;
- retirer votre numéro et votre adresse des annuaires où ils ne sont pas utiles ;
- vérifier ce que votre employeur, votre club ou votre association publient sur vous.
Ces démarches s'inscrivent dans le cadre plus large du droit à l'oubli numérique. Pour mesurer ce qu'une recherche permet de reconstituer à votre sujet, notre article sur la vie exposée en ligne propose un exercice simple, et celui sur la persistance du web explique pourquoi une suppression ne suffit pas toujours.


