La géolocalisation sociale consiste à partager sa position sur un réseau : se déclarer dans un lieu, publier une photo localisée, laisser ses contacts voir où l'on se trouve. Elle s'est popularisée avec les services de « check-in » apparus à la fin des années 2000, dont Foursquare, dont l'usage grand public est ensuite passé par l'application Swarm. Aujourd'hui, la localisation est partout : dans les stories, les photos, les applications de sport ou de covoiturage.
Que révèle la géolocalisation de vous ?
Une position isolée dit peu de chose. Une série de positions dit presque tout :
- les habitudes : où vous travaillez, à quelle heure vous partez, où vous déjeunez ;
- le domicile, souvent déductible des positions de nuit ;
- l'entourage, quand plusieurs personnes se déclarent au même endroit ;
- les absences, c'est-à-dire le moment où le logement est vide.
Les métadonnées des photos peuvent contenir les coordonnées GPS, même quand vous n'avez rien indiqué dans le texte.
Comment partager sa position sans s'exposer ?
- Désactivez la localisation par défaut de l'appareil photo et des applications qui n'en ont pas besoin.
- Publiez après coup plutôt qu'en direct : « j'étais à » plutôt que « je suis à ».
- Limitez l'audience des publications localisées aux contacts proches.
- Vérifiez les applications de sport, dont les cartes de parcours montrent souvent le point de départ, c'est-à-dire le domicile.
- Faites le tri une fois par an dans les autorisations de localisation accordées.
La CNIL consacre une rubrique à la géolocalisation, utile pour connaître ses droits, notamment face à un employeur.
Et dans le cadre professionnel ?
Pour un candidat ou un salarié, la localisation publique ajoute une couche à son double numérique (vos doubles en ligne). Un recruteur qui consulte un profil public voit aussi les lieux fréquentés, les voyages, parfois les absences pendant les heures de travail. Rien d'illégal à publier, mais tout se combine.
Côté employeur, la géolocalisation des salariés (véhicules, téléphones professionnels) est un sujet encadré : elle doit avoir une finalité légitime, être proportionnée et les salariés doivent en être informés.
Comment vérifier ce que l'on a déjà partagé ?
Parcourez vos publications des derniers mois avec un regard extérieur : lieux récurrents, photos devant le domicile, horaires réguliers. Supprimez ou restreignez ce qui permet de reconstituer vos habitudes. Vérifiez aussi les comptes où vous êtes identifié par d'autres, souvent plus bavards que les vôtres.
Ce qui reste
Une position publiée peut être capturée, archivée ou recoupée longtemps après (peut-on effacer ses traces ?). Ne partagez en temps réel que ce que vous accepteriez de voir affiché sur une carte, avec la date et l'heure.


